{"id":492,"date":"2020-03-21T12:01:08","date_gmt":"2020-03-21T11:01:08","guid":{"rendered":"http:\/\/ifeac.fr\/?p=492"},"modified":"2024-06-13T21:34:15","modified_gmt":"2024-06-13T19:34:15","slug":"lazerbaidjan-pays-pivot-des-enjeux-energetiques-dans-le-caucase","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ifeac.fr\/?p=492","title":{"rendered":"L\u2019Azerba\u00efdjan, pays pivot des enjeux \u00e9nerg\u00e9tiques dans le Caucase"},"content":{"rendered":"\n<p>Article publi\u00e9 le 12\/09\/2019<\/p>\n\n\n\n<p>Par R\u00e9mi\nCarc\u00e9l\u00e8s<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Partie 1<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019heure o\u00f9\ndes questions se posent sur un rapprochement turco-russe (1) se basant\nnotamment sur une harmonisation des strat\u00e9gies \u00e9nerg\u00e9tiques de ces deux\npuissances aux portes de l\u2019Europe, le gaz naturel appara\u00eet de plus en plus\ncomme un enjeu majeur de la g\u00e9opolitique actuelle. Que ce soit en M\u00e9diterran\u00e9e\norientale (2) ou dans le golfe Arabo-Persique, \u00e0 travers le c\u00e9l\u00e8bre exemple du\nQatar (3), des acteurs jusqu\u2019ici \u00e9loign\u00e9s du coeur des relations\ninternationales se retrouvent \u00e0 jouer un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant dans la mondialisation,\n\u00e0 mesure que la consommation \u00e9nerg\u00e9tique de la plan\u00e8te augmente de mani\u00e8re\nexponentielle (4).<\/p>\n\n\n\n<p>Au premier\nrang des consommateurs mondiaux, on retrouve parmi d\u2019autres l\u2019Union europ\u00e9enne\ndont les questions d\u2019approvisionnement \u00e9nerg\u00e9tique repr\u00e9sentent aujourd\u2019hui un\ndes principaux probl\u00e8mes politiques pour l\u2019ensemble de ses Etats membres, dans\nla mesure o\u00f9 le principal fournisseur traditionnel de l\u2019UE est la Russie avec\nlaquelle les relations ne cessent d\u2019\u00e9voluer.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019UE met\nainsi en place depuis 2004, avec sa large vague d\u2019\u00e9largissement vers les\nanciens pays du Bloc de l\u2019est, une strat\u00e9gie de diversification des sources\nd\u2019hydrocarbures destin\u00e9es \u00e0 sa consommation (5). Prospectant tous azimuts, l\u2019UE\nsemble depuis quelques ann\u00e9es avoir trouv\u00e9 la perle rare dans un pays du\nCaucase, anciennement membre de l\u2019URSS&nbsp;: l\u2019Azerba\u00efdjan.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La difficile\nstructuration d\u2019un Etat ind\u00e9pendant<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pays du\nCaucase situ\u00e9 au bord de la mer Caspienne, l\u2019Azerba\u00efdjan n\u2019a \u00e9t\u00e9 un Etat\nind\u00e9pendant que peu de fois \u00e0 travers l\u2019Histoire. Le territoire a \u00e9t\u00e9\nsuccessivement conquis par les Empires seldjoukide, mongol, perse, ottoman et\nrusse, et n\u2019aura \u00e9t\u00e9 autonome qu\u2019\u00e0 peine une centaine d\u2019ann\u00e9es depuis le d\u00e9but\nde l\u2019\u00e2ge d\u2019or islamique (6). Terrain de bataille m\u00e9di\u00e9val entre grandes puissances\naux ambitions territoriales antagonistes, l\u2019Azerba\u00efdjan devient plus qu\u2019une\nsimple conqu\u00eate suppl\u00e9mentaire pour ses voisins au XIX\u00e8me si\u00e8cle lorsque sont\nd\u00e9couvertes les riches ressources p\u00e9troli\u00e8res de son littoral. Avec la\nr\u00e9volution industrielle, Bakou, jusqu\u2019alors simple port de commerce et de\ntransit sur la Caspienne, devient le centre d\u2019une intense activit\u00e9 \u00e9conomique\nport\u00e9e par les investisseurs europ\u00e9ens (7).<\/p>\n\n\n\n<p>Sujets aux\nm\u00eames pr\u00e9occupations que le reste des populations de l\u2019Empire russe alors en\nplein d\u00e9clin, les Az\u00e9ris voient \u00e9merger de cette situation un d\u00e9but de\nsentiment nationaliste et profitent de la R\u00e9volution d\u2019Octobre 1917 pour\nproclamer l\u2019ind\u00e9pendance de la R\u00e9publique D\u00e9mocratique d\u2019Azerba\u00efdjan le 28 mai\n1918. Port\u00e9 par l\u2019id\u00e9al r\u00e9volutionnaire des si\u00e8cles pr\u00e9c\u00e9dents autant que par\ncelui en cours \u00e0 Moscou et dans le reste de la Russie, le nouvel Etat se veut\nprogressiste \u00e0 travers l\u2019instauration de la la\u00efcit\u00e9, du droit de vote des\nfemmes ainsi que d\u2019un syst\u00e8me parlementaire. Mais le projet ne durera que 23\nmois et en 1920, le pays est occup\u00e9 par l\u2019Arm\u00e9e Rouge, soutenue par des milices\npro-russes actives notamment dans la capitale (8).<\/p>\n\n\n\n<p>Int\u00e9gr\u00e9e au\nsein de la R\u00e9publique Socialiste F\u00e9d\u00e9rative Sovi\u00e9tique de Transcaucasie,\nau-c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Arm\u00e9nie et de la G\u00e9orgie voisines, la nouvelle R\u00e9publique\nSocialiste Sovi\u00e9tique d\u2019Azerba\u00efdjan se distingue de cet ensemble par ses\nr\u00e9serves d\u2019hydrocarbures. Celles-ci repr\u00e9sentent en effet une source de revenus\nautant qu\u2019un moteur de la croissance de la jeune URSS, comme le prouve la\nplateforme d\u2019extraction de p\u00e9trole figurant sur les armoiries officialis\u00e9es par\nla Constitution az\u00e9rie de 1937.<\/p>\n\n\n\n<p>Une nouvelle\nfois plac\u00e9e sous domination \u00e9trang\u00e8re, le pays est divis\u00e9 en deux entre les\npopulations du nord vivant en URSS et celles du sud habitant en Iran. S\u00e9par\u00e9es\ng\u00e9ographiquement entre deux voisins encore antagonistes \u00e0 l\u2019\u00e9poque, ces deux\ncomposantes voient leurs diff\u00e9rences s\u2019ancrer progressivement du fait des\ndominations respectives sous lesquelles elles sont, comme par exemple, dans le\ndomaine du culte. L\u2019id\u00e9ologie sovi\u00e9tique pr\u00f4ne en effet la fin de la religion\nau profit de l\u2019id\u00e9al communiste supr\u00eame quand l\u2019administration iranienne reste\nmarqu\u00e9e par une longue tradition chiite en phase avec la majorit\u00e9 de ses\nadministr\u00e9s, dont la minorit\u00e9 az\u00e9rie (9). Cependant, malgr\u00e9 ces divergences\ncultuelles \u00e9mergentes, un socle commun culturel reste pr\u00e9sent, notamment au\nniveau de la langue, proche du turc, et parl\u00e9e autant en Russie qu\u2019en Iran. Les\nnationalistes az\u00e9ris s\u2019inspirent d\u00e8s lors de l\u2019id\u00e9ologie panturquiste, qui\nprend racine dans les discours officiels du gouvernement de la nouvelle R\u00e9publique\nde Turquie instaur\u00e9e en 1923. Ils commencent des deux c\u00f4t\u00e9s de la fronti\u00e8re \u00e0\nadh\u00e9rer eux-m\u00eames \u00e0 cette id\u00e9e d\u2019une grande nation qui rassemblerait tous les\npeuples de langue turque, depuis les steppes mongoles aux rives du Bosphore en\npassant par la Chine Occidentale, l\u2019Asie Centrale et donc le Caucase. En\nparall\u00e8le, T\u00e9h\u00e9ran sert de base arri\u00e8re aux id\u00e9ologues az\u00e9ris voulant lutter contre\nla domination sovi\u00e9tique, quand l\u2019URSS soutient dans leurs revendications les\nmilitants de la minorit\u00e9 az\u00e9rie r\u00e9sidant en Iran. Apr\u00e8s la Seconde Guerre\nmondiale, l\u2019essor du nationalisme az\u00e9ri va \u00e9voluer en suivant les \u00e9v\u00e9nements de\nla Guerre Froide. D\u00e8s d\u00e9cembre 1945, Moscou soutiendra ainsi un parti\ncommuniste iranien r\u00e9clamant la cr\u00e9ation d\u2019un gouvernement populaire\nd\u2019Azerba\u00efdjan sur toute la partie nord-ouest de l\u2019Iran, alli\u00e9 de l\u2019Occident. Et\nen retour, l\u2019id\u00e9ologie voulant r\u00e9unir les populations az\u00e9ries sous l\u2019\u00e9gide de\nla Turquie, membre de l\u2019OTAN d\u00e8s 1952, va ressurgir malgr\u00e9 la mort du\n\u00ab&nbsp;p\u00e8re des Turcs&nbsp;\u00bb (Atat\u00fcrk) Mustafa Kemal en 1938 \u00e0 Istanbul (10).<\/p>\n\n\n\n<p>Il faudra\nn\u00e9anmoins attendre la fin du si\u00e8cle et l\u2019enclenchement de la dissolution de\nl\u2019URSS, pour voir les nationalistes arriver \u00e0 leurs fins en Azerba\u00efdjan. Ainsi,\nd\u00e8s fin 1989, les Az\u00e9ris sovi\u00e9tiques s\u2019attaquent aux barri\u00e8res frontali\u00e8res les\ns\u00e9parant de leurs compatriotes iraniens, comme lors de la chute du Mur de\nBerlin un peu plus t\u00f4t la m\u00eame ann\u00e9e (11). Au d\u00e9but de la d\u00e9cennie suivante, le\ngouvernement sovi\u00e9tique en Arm\u00e9nie autorise les habitants du Haut-Karabakh &#8211;\nenclav\u00e9 sur le territoire de la R\u00e9publique Socialiste Sovi\u00e9tique d\u2019Azerba\u00efdjan\n&#8211; \u00e0 voter aux \u00e9lections arm\u00e9niennes. Cette d\u00e9cision intervient apr\u00e8s avoir\ninclus ce territoire dans son propre budget, aux d\u00e9pens de la province dirig\u00e9e\npar Bakou et des recommandations de l\u2019autorit\u00e9 centrale moscovite (12). Prise\nunilat\u00e9ralement, elle illustre la faiblesse du Soviet Supr\u00eame \u00e0 l\u2019\u00e9poque et\npousse les nationalistes az\u00e9ris \u00e0 descendre dans les rues pour r\u00e9clamer\nl\u2019ind\u00e9pendance tout en d\u00e9non\u00e7ant violemment ce qu\u2019ils voient comme une\nv\u00e9ritable annexion de la part de leur voisin arm\u00e9nien, pourtant toujours membre\nde l\u2019URSS.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 12\njanvier 1990, un Front Populaire se forme dans les usines et les bureaux de\nBakou pour organiser la d\u00e9fense contre l\u2019Arm\u00e9nie et forcer le d\u00e9part de\nl\u2019occupant communiste. Divis\u00e9es, et attendant des ordres de Moscou qui\nn\u2019arriveront jamais, les autorit\u00e9s sovi\u00e9tiques laissent de v\u00e9ritables pogroms\nanti-arm\u00e9niens se d\u00e9rouler le lendemain dans toute la province. Deux jours plus\ntard, l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence est finalement d\u00e9clar\u00e9 dans toute la R\u00e9publique\nSocialiste Sovi\u00e9tique d\u2019Azerba\u00efdjan, sauf \u00e0 Bakou o\u00f9 le Front Populaire a bloqu\u00e9\nles casernes en pr\u00e9vision d\u2019une intervention de l\u2019autorit\u00e9 centrale. Les acc\u00e8s\n\u00e0 la capitale de ce qui n\u2019est alors encore qu\u2019une province sont totalement\nbloqu\u00e9s trois jours plus tard. Les repr\u00e9sentants communistes locaux ont malgr\u00e9\ntout pu quitter la ville pour rejoindre les troupes sovi\u00e9tiques ayant \u00e9tabli\nune ligne de front aux alentours, sous les ordres du ministre de la D\u00e9fense de\nl\u2019URSS en personne. Le lendemain, Mika\u00efl Gorbatchev, alors Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral\nde l\u2019URSS, \u00e9tend l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence \u00e0 l\u2019ensemble de la province et autorise\nl\u2019usage de la force pour lib\u00e9rer Bakou (13). Plusieurs centaines de militants\ndu Front Populaire seront abattus lors de ce mois qui sera nomm\u00e9 Janvier Noir\ndans les livres d\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>En novembre\n1990, la R\u00e9publique Socialiste Sovi\u00e9tique devient simplement la R\u00e9publique\nd\u2019Azerba\u00efdjan, avant de d\u00e9clarer son ind\u00e9pendance le 30 ao\u00fbt 1991. L\u2019une des\npremi\u00e8res d\u00e9cisions du nouvel Etat sera de poursuivre le conflit avec les\npopulations s\u00e9paratistes du Haut-Karabakh soutenues par l\u2019Arm\u00e9nie, d\u00e9sormais\nelle aussi ind\u00e9pendante. Instable politiquement et perdant du terrain sur ses\npropres terres lors des batailles avec son voisin, le pays nouvellement\nind\u00e9pendant doit attendre quasiment une ann\u00e9e pour se doter d\u2019un Pr\u00e9sident en\nla personne de Abulfaz Elchibey, militant anti-communiste d\u2019avant\nl\u2019ind\u00e9pendance issu du Front Populaire. Le chef d\u2019Etat n\u2019emp\u00eache pourtant pas\nles troupes arm\u00e9niennes d\u2019envahir toute la partie de l\u2019ouest de son pays qui\nrelie l\u2019Arm\u00e9nie au Haut-Karabagh en 1993. Un coup d\u2019Etat est alors organis\u00e9 par\nun ancien g\u00e9n\u00e9ral sovi\u00e9tique devenant Premier ministre au c\u00f4t\u00e9 du Pr\u00e9sident du\nParlement az\u00e9ri appel\u00e9 \u00e0 le remplacer \u00e0 la pr\u00e9sidence&nbsp;: Heydar Aliyev. Cet\nancien dirigeant de la province communiste az\u00e9rie, lui-m\u00eame issu des services\nsecrets sovi\u00e9tiques, s\u2019illustre alors rapidement en mettant en place un culte\nde la personnalit\u00e9. Cela lui permet de l\u00e9gitimer un r\u00e9gime autoritaire qui\ns\u2019appuie sur une r\u00e9solution internationale condamnant l\u2019intervention\narm\u00e9nienne, en \u00e9change de l\u2019ouverture du pays aux capitaux \u00e9trangers (14).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les\nhydrocarbures<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Officiellement\n\u00e9lu pr\u00e9sident de l\u2019Azerba\u00efdjan en 1993 et fort du soutien re\u00e7u par la\ncommunaut\u00e9 internationale, malgr\u00e9 la persistance du conflit avec l\u2019Arm\u00e9nie\njusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, Heydar Aliyev s\u2019att\u00e8le \u00e0 faire de son pays un acteur\nimportant du commerce mondial, et ce surtout gr\u00e2ce \u00e0 une exploitation qui se\nveut optimale des ressources sous-marines d\u2019hydrocarbures en mer Caspienne.\n\u00c9touffant toute tentative d\u2019opposition politique, il efface les traces\nd\u2019h\u00e9ritage sovi\u00e9tique dans le domaine \u00e9conomique en ouvrant directement son\npays au syst\u00e8me capitaliste (15). Ainsi, en 1994, l\u2019ancien dirigeant communiste\nent\u00e9rine son rapprochement avec l\u2019ancien Bloc de l\u2019ouest \u00e0 travers la\nratification du \u00ab&nbsp;contrat du si\u00e8cle&nbsp;\u00bb avec la soci\u00e9t\u00e9 British\nPetroleum (BP).<\/p>\n\n\n\n<p>Cet accord\nest d\u00e9crit comme tel car il accorde \u00e0 partir de 1997, et pour vingt ans,\nl\u2019exploitation du principal champ d\u2019hydrocarbures az\u00e9ri en mer Caspienne au\nconsortium AOIC dirig\u00e9 par cette compagnie p\u00e9troli\u00e8re. Accumulant trois-quarts\ndes ressources p\u00e9troli\u00e8res et presque la moiti\u00e9 des ressources gazi\u00e8res de\nBakou, qui repr\u00e9sente la vingti\u00e8me r\u00e9serve de p\u00e9trole et la vingt-cinqui\u00e8me\nr\u00e9serve gazi\u00e8re au niveau mondial (16), ce gisement Azeri-Chirag-Guneshli\nconstitue le socle sur lequel l\u2019Azerba\u00efdjan va pouvoir construire sa puissance.<\/p>\n\n\n\n<p>Si le\nconsortium est dirig\u00e9 par une entreprise britannique, une soci\u00e9t\u00e9 az\u00e9rie en\nfait \u00e9galement partie&nbsp;: la State Oil Company of Azerbaijan Republic\n(SOCAR). Cr\u00e9\u00e9e en 1992 par l\u2019Etat nouvellement ind\u00e9pendant sur les d\u00e9combres\ndes deux anciennes entreprises publiques sovi\u00e9tiques charg\u00e9es de l\u2019exploitation\ndu p\u00e9trole et du gaz en mer Caspienne, la SOCAR a pour mission de superviser le\nconsortium sur toutes les activit\u00e9s relatives \u00e0 la production d\u2019hydrocarbures,\nau fonctionnement des raffineries et \u00e0 la gestion des pipelines sur l\u2019ensemble\ndu territoire national. Employant environ 60&nbsp;000 salari\u00e9s et r\u00e9alisant\npr\u00e8s de 10&nbsp;% du PNB az\u00e9ri, la compagnie publique devient rapidement l\u2019une\ndes entreprises les plus rentables d\u2019Asie ainsi que l\u2019un des leaders mondiaux\ndu seul secteur des hydrocarbures (17). Ce d\u00e9veloppement exponentiel s\u2019explique\npar cette strat\u00e9gie d\u2019accords de partage des ressources mise en place par le gouvernement\nAliyev. Sign\u00e9s avec diverses compagnies \u00e9trang\u00e8res au premier rang desquelles\nBP, ces accords permettent \u00e0 l\u2019Azerba\u00efdjan de profiter du savoir-faire\ntechnologique et des r\u00e9seaux de distribution des leaders mondiaux dans le\ndomaine. Le tout en s\u2019assurant un revenu r\u00e9gulier, augment\u00e9 par l\u2019exploitation\n\u00e9tatique d\u2019environ un cinqui\u00e8me des r\u00e9serves estim\u00e9es en mer Caspienne. Vingt\nans plus tard, les actifs de la compagnie nationale s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 26 milliards de\ndollars, dont plus de 4 milliards d\u2019investissements \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n\n\n\n<p>Le\n\u00ab&nbsp;contrat du si\u00e8cle&nbsp;\u00bb a ainsi r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 renouvel\u00e9 jusqu\u2019en 2050,\nalors que le gaz naturel commence petit \u00e0 petit \u00e0 remplacer le p\u00e9trole \u00e0 la\npremi\u00e8re place des \u00e9changes mondiaux d\u2019hydrocarbures (18).<\/p>\n\n\n\n<p>Notes&nbsp;:<br>\n(1) CARCELES, R\u00e9mi. \u00ab\u00a0Historique des relations turco-russes\u00a0\u00bb, Les Cl\u00e9s\ndu Moyen-Orient, 2 ao\u00fbt 2019. <br>\n(2) CARCELES, R\u00e9mi. \u00ab\u00a0Rapprochements et marginalisations en M\u00e9diterran\u00e9e\nOrientale\u00a0\u00bb, Les Cl\u00e9s du Moyen-Orient, 19 juillet 2019. <br>\n(3) LE BILLON, V\u00e9ronique. \u00ab\u00a0Une puissance qui s\u2019est construite sur la\ngaz\u00a0\u00bb, Les Echos, 6 juin 2017. <br>\n(4) WAKIM, Nabil. \u00ab\u00a0Pourquoi la plan\u00e8te consomme de plus en plus de\ngaz\u00a0\u00bb, Le Monde, 26 mars 2019. <br>\n(5) BIAVA, Alessia. \u00ab\u00a0L\u2019action de l\u2019union europ\u00e9enne face au d\u00e9fi de la\ns\u00e9curisation de son approvisionnement \u00e9nerg\u00e9tique\u00a0\u00bb, Politique europ\u00e9enne,\nvol. 22, N\u00b02, 2007, pp. 105-123. <br>\n(6) CONSTANT, Antoine. L\u2019Azerba\u00efdjan, Paris, Karthala, 2002, 390 p. <br>\n(7) ALTSTADT, Audrey. The Azerbaijani Turks&nbsp;: power and identity under\nrussian rule, Stanford University, 1992.<br>\n(8) KAZEMZADEH, Firuz. The struggle for Transcaucasia 1917-1921, New York\nPhilosophical Library, 1951, 356 p. <br>\n(9) SHAFFER, Bresnda. Borders and Brethren&nbsp;: Iran and the challenge of\nAzerbaijani identity, Stanford, MIT Press, 2002, 300 p.<br>\n(10) B\u00d6L\u00dcKBA\u015eI, S\u00fcha. Azerbaijan&nbsp;: a political history, Londres, I.B\nTauris, 2011, 292 p.<br>\n(11) KELLER, Bill. \u00ab\u00a0Force as a last resort&nbsp;: armed power salvages\nMoscow\u2019s facing authority\u00a0\u00bb, The New York Times, 28 janvier 1990. <br>\n(12) CROISSANT, Michael. The Armenia-Azerbaijan conflict causes and\nimplications, Westport, Praeger Publishing, 1998. <br>\n(13) GORBATCHEV, Mikha\u00efl. On my country and the world, New York, Columbia\nUniversity Press, 2000, pp. 96-97.<br>\n(14) GROSJEAN, Annabel &amp; MOURADOVA, Ayten. Azerba\u00efdjan, Paris, Mond\u00e9os,\n2010, 120 p.<br>\n(15) \u00ab\u00a0Heydar Aliyev, maestro of the Caucasus\u00a0\u00bb, The Economist, 31 ao\u00fbt\n2000.<br>\n(16) \u00ab\u00a0Le secteur des hydrocarbures en Azerba\u00efdjan&nbsp;: une lente\ntransition du p\u00e9trole vers le gaz\u00a0\u00bb, Direction G\u00e9n\u00e9rale du Tr\u00e9sor, 12 avril\n2019. <br>\n(17) CORNELL, Svante E. Azerbaijan since independence, New York, M.E Sharpe,\n2011. <br>\n(18) BAGIROVA, Nailia &amp; BOUSSO, Ron. \u00ab\u00a0BP-led group extends Azeri oil\ncontract of the century\u00a0\u00bb, Reuters, 14 septembre 2017.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019Azerba\u00efdjan, pays pivot des\nenjeux \u00e9nerg\u00e9tiques dans le Caucase<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Partie 2<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sorti en\n1999, le film <em>Le monde ne suffit pas<\/em>, 19\u00e8me opus des aventures de James\nBond, illustre la nouvelle dimension prise par l\u2019Azerba\u00efdjan dans le secteur\n\u00e9nerg\u00e9tique en faisant d\u00e9buter son intrigue par l\u2019assassinat d\u2019un magnat du\np\u00e9trole britannique, dont le dernier projet \u00e9tait la construction d\u2019un ol\u00e9oduc\nau d\u00e9part de Bakou. Cette m\u00eame ann\u00e9e, une nouvelle r\u00e9serve d\u2019hydrocarbures du\nnom de Shah Deniz d\u00e9couverte en mer Caspienne, va \u00eatre au centre des premi\u00e8res\nn\u00e9gociations de renouvellement du consortium international men\u00e9 par BP (1).\nTotalisant des r\u00e9serves estim\u00e9es entre 50 et 100 milliards de m\u00e8tres cubes de\ngaz (2), ce gisement va permettre au gouvernement d\u2019Heydar Aliyev, r\u00e9\u00e9lu\nPr\u00e9sident en 1998, de continuer de profiter de l\u2019app\u00e9tit \u00e9nerg\u00e9tique\ngrandissant du reste du monde. Largement autosuffisant en terme de consommation,\nles Az\u00e9ris comptent bien sur leur surplus pour s\u2019imposer comme une nation\nincontournable de la g\u00e9opolitique du gaz. Multipliant les projets \u00e0 m\u00eame de\nfaire fructifier les profits issus de l\u2019exploitation des hydrocarbures, tout en\nvisant \u00e0 diversifier son \u00e9conomie ultra-d\u00e9pendante de ces ressources,\nl\u2019Azerba\u00efdjan cherche au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 \u00e0 \u00e9viter la tutelle historique\nde ses deux puissants voisins que sont l\u2019Iran et la Russie. C\u2019est alors un\nautre pays ayant l\u2019ambition au m\u00eame moment de faire \u00e9clore son propre mod\u00e8le de\npuissance qui va en profiter&nbsp;: la Turquie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;\u00ab&nbsp;Une nation, deux \u00c9tats&nbsp;\u00bb&nbsp;: la\nrelation fraternelle entre Bakou et Ankara<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Proches\nlinguistiquement, ethniquement et id\u00e9ologiquement \u00e0 travers le projet\npan-turquiste qui pr\u00e9voit la r\u00e9union des peuples turcophones d\u2019Asie dans une\nm\u00eame nation, l\u2019Azerba\u00efdjan et la Turquie n\u2019ont cess\u00e9 de se rapprocher depuis la\nfin de l\u2019URSS. Ankara, et son Pr\u00e9sident de l\u2019\u00e9poque Turgut \u00d6zal, ont en effet\nvu l\u2019\u00e9clatement de l\u2019Union sovi\u00e9tique comme une opportunit\u00e9 unique de relancer\nl\u2019id\u00e9e d\u2019une puissance turque transnationale, couvrant \u00e0 la fois l\u2019Asie\nCentrale et le Caucase (3). Bakou, en tant que capitale de l\u2019Etat le plus\nproche g\u00e9ographiquement et linguistiquement de la Turquie dans le cadre de\ncette strat\u00e9gie, va se retrouver la plus touch\u00e9e par cette politique\nd\u2019influence turque. Des programmes turcophones \u00e0 destination de l\u2019Azerba\u00efdjan\nvont rapidement inonder les ondes de la t\u00e9l\u00e9vision az\u00e9rie, et des bourses\nd\u2019\u00e9tude avantageuses vont \u00eatre propos\u00e9es aux \u00e9tudiants ressortissants de ce\npays pour \u00e9tudier \u00e0 Istanbul. En parall\u00e8le, des \u00e9tablissements, des programmes\net du personnel scolaires turcs apparaissent sur le territoire az\u00e9ri pour\nremplacer le syst\u00e8me d\u2019\u00e9ducation sovi\u00e9tique jug\u00e9 obsol\u00e8te et inadapt\u00e9 aux\nparticularit\u00e9s locales, comme l\u2019illustre la cr\u00e9ation de l\u2019Universit\u00e9 du Caucase\nTurque de Bakou en 1993 (4).<\/p>\n\n\n\n<p>Egalement\nproche politiquement du fait du soutien d\u2019Ankara \u00e0 Bakou dans le cadre du\nconflit au Haut-Karabagh face \u00e0 l\u2019Arm\u00e9nie historiquement ennemie de la Turquie\net de l\u2019Azerba\u00efdjan, les deux pays vont \u00e9tendre leur coop\u00e9ration au secteur de\nla D\u00e9fense d\u00e8s 1992 (5). Un accord est effectivement sign\u00e9 \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance\npour que les forces arm\u00e9es az\u00e9ries soient form\u00e9es dans les \u00e9coles turques,\nmarquant ainsi le d\u00e9but d\u2019une coop\u00e9ration strat\u00e9gique qui ne s\u2019est depuis\njamais d\u00e9mentie. Pr\u00e8s de vingt ans plus tard, en 2010, des accords d\u2019armement\nsont \u00e9galements ratifi\u00e9s entre les industries sp\u00e9cialis\u00e9es en Turquie et en\nAzerba\u00efdjan (6). La m\u00eame ann\u00e9e, Ankara et Bakou signent un trait\u00e9 qui rend les\ndeux capitales garantes de la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019autre en cas d\u2019attaques \u00e9trang\u00e8res\nde leur territoire pour les dix prochaines ann\u00e9es \u00e0 venir et renouvelable\nautomatiquement (7). Suite \u00e0 ce rapprochement sans pr\u00e9c\u00e9dent entre les deux\ngouvernements, une r\u00e9union sur le mod\u00e8le de l\u2019OTAN va m\u00eame avoir lieu en\npr\u00e9sence du Kirghizistan et de la Mongolie, dans le cadre d\u2019un Organisme\nEurasien d\u2019Application de la Loi \u00e0 Statut Militaire (TKAM&nbsp;: Avrasya Asker\u00ee\nStat\u00fcl\u00fc Kolluk Kuvvetleri Te\u015fkilat) le 29 janvier 2013 (8).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce rapprochement\nprofond entre la Turquie et l\u2019Azerba\u00efdjan s\u2019officialise \u00e9galement par la\nformule choisie par Heydar Aliyev pour d\u00e9crire ses relations avec ses\nhomologues turcs successifs&nbsp;: \u00ab&nbsp;une nation, deux Etats&nbsp;\u00bb (9).\nPourtant, les relations entre les deux administrations ne seront pas toujours\nidylliques au cours des vingt-cinq derni\u00e8res ann\u00e9es, comme le prouve la\ntentative d\u2019assassinat du Pr\u00e9sident az\u00e9ri men\u00e9e par des ressortissants turcs en\n1995. Devenu une cible, par sa volont\u00e9 de mettre fin aux agissements d\u2019une\ncertaine \u00ab&nbsp;mafia&nbsp;\u00bb turque dans plusieurs secteurs de l\u2019\u00e9conomie du\npays, notamment celui du jeu d\u2019argent, Heydar Aliyev \u00e9chappe de peu \u00e0 cette\ntentative de coup d\u2019Etat soutenue par la branche paramilitaire du parti\nultra-nationaliste MHP ainsi que les services secrets turcs (10).<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame,\nnationalisme az\u00e9ri et pan-turquisme ne sont pas forc\u00e9ment synonymes dans la\nmesure o\u00f9 une certaine frange nationaliste d\u2019Azerba\u00efdjan a toujours revendiqu\u00e9\nl\u2019ind\u00e9pendance de sa population par rapport \u00e0 la Turquie et sa propre r\u00e9union\navec la minorit\u00e9 az\u00e9rie d\u2019Iran plut\u00f4t qu\u2019avec les autres peuples turcophones\nasiatiques. Ainsi, la diffusion de la langue turque en Azerba\u00efdjan, au\nd\u00e9triment de l\u2019idiome local, notamment chez les plus jeunes \u00e9lev\u00e9s avec les\nprogrammes t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s turcs, est r\u00e9guli\u00e8rement d\u00e9nonc\u00e9e par toute une partie de\nl\u2019intelligentsia locale (11). Toute chose \u00e9gale par ailleurs, la diff\u00e9rence\nreligieuse entre le dogme sunnite faisant office de culte officiel en Turquie\net le chiisme majoritairement pratiqu\u00e9 par la population en Azerba\u00efdjan comme\nen Iran marque \u00e9galement une division profonde qui emp\u00eache de v\u00e9ritablement\nparler d\u2019une nation sur deux Etats. Cette formule politique ne repr\u00e9sente donc\npas une v\u00e9rit\u00e9 sociologique mais bien un symbole des ambitions communes qui\nlient Bakou et Ankara, dans le domaine \u00e9nerg\u00e9tique encore plus qu\u2019ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet,\nquelques ann\u00e9es apr\u00e8s la mise en place du \u00ab&nbsp;contrat du si\u00e8cle&nbsp;\u00bb, un\nautre projet de grande envergure est men\u00e9 dans le secteur des hydrocarbures par\nle Pr\u00e9sident Heydar Aliyev&nbsp;: la construction d\u2019un ol\u00e9oduc et d\u2019un gazoduc\nreliant Bakou \u00e0 Tbilissi en G\u00e9orgie, avant de finir sa course dans l\u2019est de la\nTurquie, \u00e0 Erzurum pour le gaz et \u00e0 Ceyhan au bord de la M\u00e9diterran\u00e9e pour le\np\u00e9trole. Un projet qui rentre \u00e0 la fois dans la strat\u00e9gie az\u00e9rie de contr\u00f4ler\nau maximum la cha\u00eene de production et de distribution de ses ressources\nsous-marines afin d\u2019en tirer le maximum de profits, et \u00e0 la fois dans\nl\u2019ambition turque, d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque, de devenir un v\u00e9ritable hub\n\u00e9nerg\u00e9tique (12).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le\n\u00ab&nbsp;petit&nbsp;\u00bb az\u00e9ri face au \u00ab&nbsp;g\u00e9ant&nbsp;\u00bb russe&nbsp;: concurrence\nr\u00e9gionale sur le march\u00e9 du gaz<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019une\nlongueur de 692 kilom\u00e8tres \u00e0 cheval sur les trois pays, le gazoduc\nBakou-Tbilissi-Erzurum a une capacit\u00e9 initiale de transit estim\u00e9e \u00e0 quasiment 9\nmilliards de m\u00e8tres cubes de gaz naturel par an. Ce projet a autant pour\nobjectif de fournir les deux nations travers\u00e9es en hydrocarbures originaires du\nterritoire az\u00e9ri en mer Caspienne que de cr\u00e9er une porte de sortie pour ces\nm\u00eames ressources vers le reste du monde, sans passer par les r\u00e9seaux de\ntransport traditionnellement poss\u00e9d\u00e9s par les grandes compagnies gazi\u00e8res ou\np\u00e9troli\u00e8res (13). Au premier rang desquelles la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tatique russe,\nGazprom, jouit d\u2019un v\u00e9ritable monopole europ\u00e9en qui lui permet d\u2019emp\u00eacher toute\nv\u00e9ritable concurrence sur le march\u00e9 du gaz. Ainsi, le trac\u00e9 diff\u00e9rent de\nl\u2019ol\u00e9oduc et du gazoduc s\u2019explique principalement par le fait que le port de\nCeyhan vers lequel se dirige le gaz naturel en Turquie, fait office de plateforme\nmultimodale proche des grandes routes du commerce mondial, notamment des\nhydrocarbures. C\u2019est donc aussi cette volont\u00e9 de contr\u00f4ler et d\u2019avoir un acc\u00e8s\nind\u00e9pendant au trafic \u00e9nerg\u00e9tique international qui explique la construction de\nces pipelines \u00e9vitant le r\u00e9seau russe du Caucase d\u00e9j\u00e0 connect\u00e9 \u00e0 la mer Noire\net au continent europ\u00e9en. L\u2019Arm\u00e9nie est quant \u00e0 elle \u00e9loign\u00e9e de ce projet pour\ndes raisons autant li\u00e9es au conflit du Haut-Karabakh, expliqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment et\ntoujours en cours, que pour sa proximit\u00e9 politique avec Moscou (14). De m\u00eame,\nl\u2019Iran, autre puissance voisine historiquement proche de l\u2019Azerba\u00efdjan (15),\nest \u00e9galement tenue \u00e9loign\u00e9e du projet malgr\u00e9 ses propres r\u00e9serves gazi\u00e8res de\npremi\u00e8re importance dans le golfe Arabo-Persique.<\/p>\n\n\n\n<p>Bakou, qui tente\nde s\u2019ouvrir le plus possible au commerce mondial et souhaite s\u2019\u00e9loigner des\nanciennes puissances l\u2019ayant domin\u00e9, tout en garantissant la s\u00e9curit\u00e9 de son\ntrac\u00e9 en pays alli\u00e9s, r\u00e9ussit alors avec ce projet inaugur\u00e9 en 2006 \u00e0 susciter\nl\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019un des plus gros consommateurs mondiaux d\u2019hydrocarbures \u00e0 la\nrecherche de nouvelles sources d\u2019approvisionnement&nbsp;: l\u2019Union europ\u00e9enne.\nMenac\u00e9 par l\u2019\u00e9mergence de tensions grandissantes entre la Russie et l\u2019Ukraine\nd\u2019o\u00f9 provient l\u2019immense majorit\u00e9 de ses besoins \u00e9nerg\u00e9tiques, l\u2019ensemble du\ncontinent europ\u00e9en cherche au milieu des ann\u00e9es 2000 \u00e0 s\u00e9curiser ses\nimportations en hydrocarbures. Les pays membres de l\u2019Union europ\u00e9enne se\nmettent alors d\u2019accord sur la n\u00e9cessit\u00e9 de cr\u00e9er d\u2019autres routes de transport \u00e0\nm\u00eame d\u2019assurer l\u2019arriv\u00e9e de gaz naturel sur leurs territoires, et la majorit\u00e9\nd\u2019entre eux va m\u00eame plus loin en demandant \u00e0 la Commission europ\u00e9enne de\ntravailler sur une strat\u00e9gie de diversification des fournisseurs moins soumise\naux al\u00e9as g\u00e9opolitiques (16). L\u2019Azerba\u00efdjan richement dot\u00e9 en hydrocarbures et\nrelativement stable politiquement, r\u00e9pond aux crit\u00e8res recherch\u00e9s par\nBruxelles, d\u2019autant plus que le pays est d\u00e9sormais connect\u00e9 \u00e0 la Turquie\nvoisine de l\u2019Europe, cherchant elle-m\u00eame \u00e0 devenir un pays de transit connect\u00e9\nau reste du monde, dans le cadre de sa propre ambition \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<p>Un nouveau\nprojet de gazoduc prenant sa source dans les eaux territoriales az\u00e9ries en mer\nCaspienne appara\u00eet dans les ann\u00e9es qui suivent. Nomm\u00e9 Nabucco et s\u2019appuyant sur\nle trac\u00e9 Bakou-Tbilissi-Erzurum d\u00e9j\u00e0 existant, il pr\u00e9voit de relier l\u2019est de la\nTurquie au centre de l\u2019Europe via la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie\njusqu\u2019\u00e0 l\u2019Autriche pour plus de 30 milliards de m\u00e8tres cubes par an (17), soit\npr\u00e8s de quatre fois le volume transitant d\u00e9j\u00e0 sur le gazoduc qui relie alors\nl\u2019Azerba\u00efdjan \u00e0 la Turquie. Or, \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2008, la Russie s\u2019en prend \u00e0 l\u2019une des\nanciennes r\u00e9publiques de l\u2019URSS, la G\u00e9orgie, et provoque une coupure temporaire\ndu tuyau gazier qui passe par la capitale, Tbilissi (18). D\u00e8s lors, la s\u00e9curit\u00e9\ndu trac\u00e9 est remise en cause ainsi que sa faisabilit\u00e9 toute enti\u00e8re, puisque\ndans le m\u00eame temps la Turquie, qui voit ses chances d\u2019adh\u00e9rer \u00e0 l\u2019Union\neurop\u00e9enne s\u2019\u00e9loigner, revoit \u00e0 la hausse ses demandes vis-\u00e0-vis de cette derni\u00e8re,\nen tant que principal pays de transit (19).<br>\nLa Russie propose alors \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne son propre trac\u00e9 concurrent, pour\ncontourner l\u2019Ukraine et conserver sa mainmise sur le march\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique\ncontinental avec le gazoduc South Stream. Celui-ci doit relier les c\u00f4tes russes\nde la mer Noire \u00e0 l\u2019Italie en passant aussi par la Bulgarie puis bifurquer en\ndirection des Balkans avec la Serbie, avant d\u2019atteindre \u00e0 son tour la Hongrie\npuis la Slov\u00e9nie, pour un flux total de 63 milliards de m\u00e8tres cubes (20).<\/p>\n\n\n\n<p>La\nconcurrence semble alors trop forte pour l\u2019Azerba\u00efdjan, mais l\u2019Union europ\u00e9enne\nn\u2019envisage pas de rester d\u00e9pendante de la Russie et utilise une loi de 2009 sur\nla concurrence &#8211; stipulant qu\u2019une m\u00eame entreprise ne peut s\u2019occuper de la\nproduction du gaz naturel et de la gestion de son transport &#8211; pour mettre fin\nau projet russe (21). Entretemps, Nabucco a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9 pour des\nraisons de co\u00fbt, de trac\u00e9 et de garanties (22). L\u2019Azerba\u00efdjan et la Turquie\ncontinuent n\u00e9anmoins de mettre en commun leurs ambitions \u00e9nerg\u00e9tiques pour\nproposer \u00e0 nouveau leur propre projet de transport&nbsp;: TANAP. Ce gazoduc\ntrans-anatolien reprend les bases de Nabucco en s\u2019appuyant sur les fondations\ndu trajet Bakou-Tbilissi-Erzurum d\u00e9j\u00e0 existant et propose \u00e0 son tour un flux\nd\u2019environ 30 milliards de m\u00e8tres cubes de gaz naturel par an (23). Pratiquement\nreli\u00e9 au gazoduc transadriatique TAP allant de la fronti\u00e8re gr\u00e9co-turque \u00e0\nl\u2019Italie en passant par l\u2019Albanie pour 10 milliards de m\u00e8tres cubes annuel\n(24), ce projet forme d\u00e8s lors le d\u00e9nomm\u00e9 Southern Gas Corridor qui ent\u00e9rinera\nfinalement la volont\u00e9 europ\u00e9enne de r\u00e9duire sa d\u00e9pendance au gaz naturel russe\nd\u2019ici \u00e0 2020.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Conclusion\ng\u00e9n\u00e9rale<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9 de\nl\u2019effondrement de l\u2019URSS, l\u2019Azerba\u00efdjan est devenu depuis un acteur pr\u00e9pond\u00e9rant\nde la g\u00e9opolitique du gaz. Souvent compar\u00e9 au Qatar pour sa manne financi\u00e8re\nissue de l\u2019exploitation de ses ressources d\u2019hydrocarbures, \u00ab&nbsp;l\u2019\u00c9mirat du\nCaucase&nbsp;\u00bb souhaite \u00e9galement aujourd\u2019hui diversifier ses sources de\nrevenus en pr\u00e9vision de l\u2019\u00e9puisement de ses r\u00e9serves sous-marines. Dans cet\nobjectif, l\u2019entreprise \u00e9tatique SOCAR fait figure de g\u00e9ant \u00e9conomique\ninvestissant dans de nombreux projets (sponsor des comp\u00e9titions internationales\nde football (25) et du nouveau super-projet de raffinerie r\u00e9cemment inaugur\u00e9\ndans les environs d\u2019Izmir en Turquie (26)).<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant,\nen raison des diff\u00e9rents projets men\u00e9s depuis bient\u00f4t trente ans, ses r\u00e9serves\n\u00e9nerg\u00e9tiques pourraient s\u2019ass\u00e9cher plus vite que pr\u00e9vu. Bakou pourrait alors\ns\u2019appuyer \u00e0 long terme sur les r\u00e9serves du Turkm\u00e9nistan, autre pays de la\nCaspienne. Or, les r\u00e9serves de ce pays sont aujourd\u2019hui monopolis\u00e9es par la\nChine et l\u2019Inde, toujours plus avides d\u2019\u00e9nergies (27). Misant certainement sur\nla r\u00e9cente l\u00e9gislation internationale du statut particulier de la mer Caspienne\ncens\u00e9e faciliter le partage territorial de cette \u00e9tendue d\u2019eau pour relancer\nl\u2019id\u00e9e d\u2019un gazoduc transcaspien reliant ses infrastructures aux gisements\nturkm\u00e8nes, l\u2019Azerba\u00efdjan sera probablement oblig\u00e9 d\u2019acheter du gaz russe pour\nrespecter ses engagements de livraisons aux Europ\u00e9ens, en attendant que\nl\u2019hypoth\u00e8se de ce projet se confirme.<\/p>\n\n\n\n<p>Notes<br>\n(1) WATKINS, Eric. \u00ab\u00a0BP reports deeper-pool Shah Deniz discovery\u00a0\u00bb, Oil\n&amp; Gas Journal, 15 novembre 2007.<br>\n(2) MAMMADOVA, Leman. \u00ab\u00a0Shah Deniz celebrates 100 billion cubic metres of\ntotal gas production\u00a0\u00bb, Azernews, 7 janvier 2019. <br>\n(3) LA\u00c7\u0130NER, Sedat. \u201c\u00d6zalism (neo-ottomanism)&nbsp;: an alternative in Turkish\nforeign policy&nbsp;?\u201d, Journal of Administrative Sciences, 2003-2004.<br>\n(4) PAKAEEN, Mohsen. \u00ab\u00a0Turkish cultural influence in Azerbaijan\u00a0\u00bb,\nInstitute for Iran-Eurasia Studies, 20 septembre 2017.<br>\n(5) \u00d6ZTARSU, Mehmet Fatih. \u00ab\u00a0Military relations of Turkey and\nAzerbaijan\u00a0\u00bb, Strategic Outlook, 2 ao\u00fbt 2012. <br>\n(6) SULEYMANOV, Rashad. \u00ab\u00a0Turkish Defense Minister Vecdi Gonul&nbsp;: the\nmilitary assistance we offered to Azerbaijan exceeded 200 million US\ndollars\u00a0\u00bb, APA, 12 mai 2010. <br>\n(7) \u00ab\u00a0Azerbaijan becomes guarantor of Turkey from an attack by third\nforces\u00a0\u00bb, ABC, 23 d\u00e9cembre 2010. <br>\n(8) \u00ab\u00a0T\u00fcrk d\u00fcnyas&nbsp;?ndan ortak askeri birlik\u00a0\u00bb, Anadolu Agency, 28\njanvier 2013. <br>\n(9) ISMAYILOV, Murad &amp; GRAHAM, Norman A. Turkish-Azerbaijani\nrelations&nbsp;: one nation, two states&nbsp;?, Abingdon, Routledge, 2016. <br>\n(10) DEMOYAN, Hank. \u00ab\u00a0Aghdam events could, just like attempt on Heydar\nAliyev\u2019s life, be planned by Turkish secret services\u00a0\u00bb, Panorama, 28\nf\u00e9vrier 2013. <br>\n(11) SAFAROVA, Durna. \u00ab\u00a0Azerbaijan grapples with the rise of Turkish\nlanguage\u00a0\u00bb, Eurasianet, 28 f\u00e9vrier 2017.<br>\n(12) CHUVIN, Pierre. \u201cLa Turquie&nbsp;: futur hub \u00e9nerg\u00e9tique de\nl\u2019Europe&nbsp;?\u201d, Revue Tiers Monde, 2008 \/ 2, N\u00b0194, pp. 359-370. <br>\n(13) \u00ab\u00a0Azerbaijan\u2019s Shah Deniz field on stream\u00a0\u00bb, Oil Voice, 15\nd\u00e9cembre 2006.<br>\n(14) \u00ab\u00a0Russia Ships $200M in Military Arms to Ally Armenia\u00a0\u00bb, The\nMoscow Times, 23 juillet 2018.<br>\n(15) \u00ab\u00a0Azerbaijan &#8211; Iran relations&nbsp;: challenges and prospects\u00a0\u00bb,\nHarvard Kennedy School Report, 30 novembre 1999. <br>\n(16) CLASTRES, C\u00e9dric &amp; LOCATELLI, Catherine. \u00ab\u00a0Lib\u00e9ralisation et\ns\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique dans l\u2019Union europ\u00e9enne&nbsp;: succ\u00e8s et questions\u00a0\u00bb,\nCahiers de Recherches UPMF, 2012.<br>\n(17) BODART, Etienne. \u00ab\u00a0Nabucco, un accord dans les tuyaux\u00a0\u00bb,\nL\u2019Express, 12 juillet 2009. <br>\n(18) WATKINS, Eric. \u00ab\u00a0BP shuts two other pipelines due to Caucasus\nconflict\u00a0\u00bb, Oil &amp; Gas Journal, 12 ao\u00fbt 2008. <br>\n(19) \u00ab\u00a0La Turquie joue la carte \u00e9nerg\u00e9tique dans ses n\u00e9gociations\nd\u2019adh\u00e9sion avec Bruxelles\u00a0\u00bb, Les Echos, 21 ao\u00fbt 2007. <br>\n(20) \u00ab\u00a0South Stream schedule stipulating maximum capacity of 63 billion\ncubic meters per year addressed\u00a0\u00bb, Gazprom, 28 f\u00e9vrier 2012. <br>\n(21) THEUNISSEN, Beno\u00eet. \u00ab\u00a0Contradictions europ\u00e9ennes sur le projet gazier\nSouth Stream\u00a0\u00bb, Les Echos, 3 juillet 2014. <br>\n(22) SCALLAMERA, Morena. \u00ab\u00a0Revisiting the Nabucco Debacle&nbsp;: Myths and\nRealities\u00a0\u00bb, Problems of PostCommunism, vol. 65, 2016, pp. 18-36.<br>\n(23) \u00ab\u00a0Will TANAP replace Nabucco project&nbsp;?\u00a0\u00bb, Center for Economic\n&amp; Social Development, 14 f\u00e9vrier 2012. <br>\n(24) \u00ab\u00a0Le gaz naturel azerba\u00efdjanais frappe \u00e0 la porte de l\u2019Europe\u00a0\u00bb,\nAzertac, 1 ao\u00fbt 2019. <br>\n(25) CARPENTIER, Eric. \u00ab\u00a0SOCAR, le sponsor qui tache\u00a0\u00bb, So Foot, 23\njuin 2016. <br>\n(26) \u00ab\u00a0La raffinerie p\u00e9troli\u00e8re STAR de SOCAR a \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9e \u00e0\nIzmir\u00a0\u00bb, Business France, 26 octobre 2018.<br>\n(27) PIRANI, Simon. \u201cLet\u2019s not exaggerate Southern Gas Corridor prospects to\n2030\u201d, The Oxford Institute for Energy Studies, N\u00b0135, juillet 2018.<\/p>\n\n\n\n\n\n<p>Bibliographie&nbsp;:<br>\nABBASOV, Kamran. Role of energy in Azerbaijan\u2019s foreign policy during Ilham\nAliyev era, Ankara, Middle-East Technical University, Octobre 205, 322 p. <br>\nASLANLI, Araz. \u201cLa politique \u00e9nerg\u00e9tique de Bakou\u201d, Outre-Terre, vol. 48, N\u00b03,\n2016, pp. 342-353. <br>\nBILLION, Didier. \u00ab\u00a0What is Azerbaijan\u2019s role in the new geopolitics of energy&nbsp;?\u00a0\u00bb,\nIRIS, 26 novembre 2014. <br>\nGRARE, Fr\u00e9d\u00e9ric. \u00ab\u00a0La nouvelle donne \u00e9nerg\u00e9tique autour de la Mer\nCaspienne&nbsp;: une perspective g\u00e9opolitique\u00a0\u00bb, CEMOTI, 1997, vol. 23, pp.\n15-38. <br>\nHELLY, Damien. \u201cAzerba\u00efdjan 2003. La d\u00e9mocratie sacrifi\u00e9e\u201d, Le Courrier des\npays de l\u2019Est, vol. 1041, N\u00b01, 2004, pp. 107-120. <br>\n&nbsp;IPEK, Pinar.\n\u00ab\u00a0Azerbaijan\u2019s foreign policy and challenges for energy security\u00a0\u00bb,\nMiddle-East Journal, vol. 63, N\u00b02, 2009, pp. 227-239.<br>\nJABBARLI, Hatem &amp; ASLANLI, Araz. \u201cTurquie-Azerba\u00efdjan&nbsp;: liens\nid\u00e9ologiques ou relations strat\u00e9giques&nbsp;?\u201d, Outre-Terre, vol. 48, N\u00b03,\n2016, pp. 315-325.<br>\nKO\u00c7AK, Konur Alp &amp; DE M\u0130CCO, Pasquale. \u201cLa recherche de gazoducs pour le\ntransport de gaz naturel\u201d, Briefing European Parliamentary, Juillet 2016. <br>\nMATEJKA, Harriet. \u00ab\u00a0Mer Caspienne&nbsp;: questions de coop\u00e9ration\n\u00e9conomique\u00a0\u00bb, CEMOTI, 1997, vol. 23, pp. 89-100. <br>\nMATHEY, Rapha\u00eblle. \u201cAzerba\u00efdjan 2004. Une succession difficile\u201d, Le Courrier\ndes pays de l\u2019Est, vol. 1047, N\u00b01, 2005, pp. 105-119.<br>\nMATHEY, Rapha\u00eblle. \u201cAzerba\u00efdjan 2005. D\u00e9ni d\u00e9mocratique\u201d, Le Courrier des pays\nde l\u2019Est, vol. 1053, N\u00b01, 2006, pp. 107-120.<br>\nMATHEY, Rapha\u00eblle. \u201cAzerba\u00efdjan 2006. Croissance hors norme et consolidation du\npouvoir\u201d, Le Courrier des pays de l\u2019Est, vol. 1059, N\u00b01, 2007, pp. 94-108.<br>\nMATHEY, Rapha\u00eblle. \u201cFutur \u00e9mirat du Caucase&nbsp;?\u201d, Le Courrier des pays de\nl\u2019Est, vol. 1065, N\u00b01, 2008, pp. 92-105.<br>\nMATHEY, Rapha\u00eblle. \u201cLa strat\u00e9gie politique am\u00e9ricaine en Azerba\u00efdjan\u201d, H\u00e9rodote,\nvol. 129, N\u00b02, 2008, pp. 123-143.<br>\nPIRANI, Simon. \u201cLet\u2019s not exaggerate Southern Gas Corridor prospects to 2030\u201d,\nThe Oxford Institute for Energy Studies, N\u00b0135, juillet 2018.<br>\n\u015aWI\u0118TOCHOWSKI, Tadeusz. Russia and Azerbaijan. A borderland in transition. New\nYork, Columbia University Press, 1995, 290 p. <br>\nVALIYEV, Anar. \u00ab\u00a0Azerbaijan foreign policy\u00a0\u00bb, PONARS Eurasia, Policy\nMemo, N\u00b0112, Juin 2011. <br>\nVANER, Semih. \u00ab\u00a0La Caspienne&nbsp;: enjeu pour l\u2019Azerba\u00efdjan et\nl\u2019Azerba\u00efdjan comme enjeu\u00a0\u00bb, CEMOTI, 1997, vol. 23, pp. 142-166.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Lire l\u2019article \u00e0 sa source&nbsp;:\n<a href=\"https:\/\/www.lesclesdumoyenorient.com\/L-Azerbaidjan-pays-pivot-des-enjeux-energetiques-dans-le-Caucase-1-2.html\">https:\/\/www.lesclesdumoyenorient.com\/L-Azerbaidjan-pays-pivot-des-enjeux-energetiques-dans-le-Caucase-1-2.html<\/a>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par R\u00e9mi Carceles<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[1,23,8,14,19],"tags":[],"class_list":["post-492","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article","category-evenements-a-venir","category-evenements-passes","category-non-classe-en","category-non-classe-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ifeac.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/492","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ifeac.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ifeac.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ifeac.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ifeac.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=492"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/ifeac.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/492\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1395,"href":"https:\/\/ifeac.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/492\/revisions\/1395"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ifeac.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=492"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ifeac.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=492"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ifeac.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=492"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}